A la recherche du col [de l’utérus] perdu

Ce billet est une réédition d’un billet publié il y a fort fort longtemps sur feu mon tout premier blog (ou presque)…


 

Selon les scientifiques, à chaque partie de notre corps correspondrait une petite zone de notre cerveau…Toujours selon ces mêmes scientifiques, la taille relative de la zone correspondrait en gros à l’importance que celle-ci occupe dans nos activités quotidiennes [il paraît que la zone du pouce est hyyyypertrophiée chez les ados qui textotent à longueur de journées!!!!].

Moi, par exemple, je me souviens précisément du jour où dans mon cerveau, la case “UTERUS” s’est crée… J’étais enceinte de quelques semaines de mon aîné et j’allais me coucher quand la petite soeur de Mr Déjanté m’a demandé si je sentais déjà quelque chose… machinalement, j’ai porté mes mains à mon ventre est ai constaté que OUI, il y avait une sorte de petite boule (pas très agréable à tripoter d’ailleurs) tout au fond… sur le coup, je me suis dit “ben mince alors, j’imaginais pas que c’était si bas!!!!” et l’instant d’après, mon cerveau, qui jusque là était utérus-free, avait créé une nouvelle case…

En fait, il y a des tonnes et des tonnes de parties de notre corps qui (pour qui mène une vie sans encombre) ne possèdent aucune case dans notre cerveau…Je n’ai par exemple, aucune case “appendice” dans mon cerveau…contrairement à tous les petits veinards qui ont déjà vécu leur appendicite (sans façon pour moi, non non, n’insistez pas!!!)… en revanche, grâce aux mémorables otites qu’il m’a été donné de connaître étant enfant je possède une très jolie zone “tympan”, ce qui n’est finalement pas donné à tout le monde!!!

Outre le fait qu’on ne peut pas, décemment, souhaiter attraper toutes les maladies du monde au seul prétexte de l’EMPIRISME (et de l’élévation neuronale!!), il existe également des zones de notre corps dont le corps médical s’est unilatéralement approprié l’exclusivité de l’exploration…Le conduit auditif par exemple: tous les fabricants de coton-tige s’accordent à nous DÉCOURAGER de les introduire trop profondément pour mieux laisser nos ORL y plonger spéculum et autres aspirateurs (je parle même pas de ces parents hardis qui dans un moment de désespoir à l’idée de faire 2H de queue chez le médecin juste pour regarder le fond d’une oreille n’ont songé à acheter directement un otoscope) !!! Le rectum aussi, très bon exemple même si les adeptes du plaisir anal ont engagé une reconquête des plus respectables…On pourrait citer aussi les fosses nasales même leur exploration n’est pas sans risque (demandez à un enfant de trois ans qui vient d’y enfoncer un ou deux petits pois de vous en parler…)!!

Pour résumer, je dirais qu’il existe des tonnes et tonnes de parties de notre corps totalement inconnues de notre cerveau mais dont l’exploration nécessite, soit d’être malade, soit d’être kamikaze…

Et puis, il existe chez les femmes une zone de leur corps, qu’il n’est pas plus dangereux d’explorer que de se gratter le nez et qui pourtant ne possèdent souvent aucune place dans notre cerveau….comme par exemple:

Le col de l’utérus
 
Bon, quand je dis qu’il n’existe AUCUNE place dans le cerveau, j’exagère un peu… la majorité des femmes sentent une petite sensation tantôt émoustillante, tantôt désagréable (selon le moment du cycle) lors de rapports sexuels profonds… la majorité des femmes connaissent aussi la petite sensation de grattouillis du frottis (ou bien pire parfois aussi)… la majorité des mamans ou futures mamans ont aussi en souvenir les examens du col plus ou moins heureux qui émaillent bien souvent la grossesse et l’accouchement… et même si il nous est arrivé de SUPPLIER pour subir un de ces examens (surtout quand les contractions commencent à durer un peu trop…), je n’irais pas jusqu’à dire qu’ils nous permettent de mieux nous connaître…
Vous me direz:
Quel besoin ai-je de tripoter mon col alors que je vivais très bien jusque là??? 
Pourquoi irais-je déflorer mon cerveau avec ce concept bizarre de col de l’utérus???
Et mon esprit déjanté de vous répondre:
1- PAR CURIOSITÉ SCIENTIFIQUE
2- Par lutte pour le droit des femmes patients à se réapproprier leur corps
J’ai donc, personnellement, pratiqué l’auto-observation du col de mon utérus principalement dans deux situations:
  1. Pour procréer: Très pratique pour repérer l’ovulation vu que le col se modifie légèrement pendant cette période. Globalement, il passe de dur et bien rond en début de cycle à plus mou et évasé pendant l’ovulation avant de redevenir d’abord plus dur immédiatement après l’ovulation et de se refermer peu à peu dans les jours qui suivent…Par contre pour NE PAS faire des bébés, c’est pas top DU TOUT… disons que il y en a qui ont essayé mais ils ont eu des problèmes (enfin UN très joli problème de 3,8 kg en particulier) D’une façon générale, ça permet d’avoir une indication sur le moment de son cycle, indication pas toujours utile ni utilisable mais c’est tellement agréable de se sentir familière (aussi) avec cette partie de soi-même.
  2. Pour savoir quand je vais pondre: Je ne parle pas vraiment de tripoter son col en cours de grossesse (quoique), ce qui n’est pas franchement dangereux quand on n’est pas en menace d’accouchement prématuré mais qui peut donner quelques contractions dont on se passerait bien mais de le regarder en fin de grossesse, genre à partir du jour où on ne craint plus l’accouchement prématuré… Pour apprendre, le mieux est de s’examiner juste avant d’aller à un rendez vous de suivi comme ça on peut faire coller ses observations avec celle de la sage-femme, on peut poursuivre cet examen de temps à autre pour guetter les modifications… ce qui fait que pour n°4, mon cher et tendre a appelé la sage femme en disant “ma femme est dilatée à 6” et qu’il avait raison!!!! Bref, ça évite aussi de se prendre un vieux coup au moral quand la sage-femme annonce “tout juste deux doigts” alors que ça fait 10 heures qu’on morfle..

Bon alors, je vous préviens tout de suite parce que je suis passée par là avant vous…

Si vous allez sur les forums de grossesse pour taper “auto-observation du col” on risque de vous prédire l’apocalypse…  [D’ici que juste avant de vous regarder le col vous ayez sorti les poubelles!!!]

Ce qui me fait dire qu’un bon lavage des mains devrait les rendre à peu près 1 000 000 000 de fois plus propres qu’un pénis modèle standard qu’on ne regarde pourtant pas avec autant de suspicion… Autre règle de sécurité de l’auto-observation, assez naturelle tout de même: si ça fait mal on s’arrête. Assez naturelle mais pas encore de mise dans tous les cabinets de gynécologie…

Si vous dites à votre gynéco que vous avez pratiqué l’auto-observation du col, alors là c’est non seulement l’apocalypse mais aussi la damnation éternelle (à visée purgative) à laquelle vous aurez droit. D’abord, parce que ce n’est rien de moins qu’un crime de lèse majesté de prétendre (surtout enceinte avec les neurones ramollis) que l’on peut empiéter sur son fantastique domaine de compétence… et ensuite parce qu’il ne s’agirait pas que ça se généralise et qu’il ait, en plus de son harassante besogne, à gérer les supputations fantaisistes de quelques baleines…
Je précise tout de même que la majorité des sages femmes à qui vous direz: “j’ai l’habitude de m’observer et là j’ai remarqué un changement” vous écouterons…
Bon alors, passons au plus rigolo :
LE TUTO “je trouve mon col”
Le mieux est évidemment de commencer quand on n’est pas enceinte et en dehors de l’ovulation…
Quand on se met sur le dos et qu’on explore avec les doigts en haut c’est très dur, c’est normal c’est l’os pubien en bas c’est plus mou, c’est normal c’est le rectum. Il faut continuer à avancer: lorsqu’on dépasse l’os pubien, en haut c’est un peu rugueux, mais ça devient mou, en bas c’est toujours aussi lisse et mou… Il faut encore continuer: il faut se dire que le col de l’utérus avance par rapport au fond de la cavité vaginale, ainsi si on suit consciencieusement les parois du vagin on tombe à côté.. bref, quand on est assez loin, il faut essayer de trouver quelque chose de dur et de rond, un peu comme le bout d’un nez… Parfois le col est plaqué contre la paroi parfois il est bien centré mais dans tous les cas, on peut en faire le tour (même si ce n’est pas toujours très agréable)…
Voilà, ben voilà, sur ces belles paroles, je vous laisse aux travaux pratiques… Sinon pour celles qui voudraient encore potasser encore la théorie avant de passer à la pratique je vous renvoie vers l’excellent billet de Poule Pondeuse.
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