Nous sommes des menteuses de mères en filles.

Le burn-out maternel est le mal du siècle, nous disent les journaux. Les mères sont de plus en plus fatiguées, épuisées, au bout du rouleau. Tout le monde le sait. Ce sont vos amies, vos soeurs, vos cousines, vos mères, vos collègues de travail. Personne ne bouge. “Mais les hommes aussi sont touchés” me dit-on. Ah oui? Vraiment? Les 3% qui prennent un congé parental? Et le pire c’est qu’on est CONTENT que des hommes soient touchés, parce que ça veut dire qu’on AVANCE dans la répartition des tâches. Non mais vous vous rendez compte??? On finit par SOUHAITER que des types soient mal, au bord de la dépression, à pleurer chaque jour de leur vie ou presque parce que ce serait signe de PROGRÈS SOCIAL. Miam le progrès.

Parmi ceux qui ne bougent pas, les pouvoirs publics tiennent le haut du pavé. Surme… quoi? Burn… quoi? D’abord la loi Toubon n’a-t-elle pas interdit les mots anglais? J’ai cherché sur le site de l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé je rappelle) si ce mal insidieux avait fait l’objet d’une préoccupation étatique: RIEN. Faut dire, déjà qu’ils s’en tamponnent pas mal du surmenage au travail tant qu’il n’y a pas trop de suicidés alors pensez donc, aller se préoccuper du surmenage de celles qui ne travaillent MÊME PAS TOUJOURS!! En cherchant bien, on finit par dégoter un truc sur les troubles émotionnels et psychiques du post partum. Comme si la question du surmenage maternel se résumait tout entière au post-partum immédiat. Vous avez accouché depuis plus de 6 mois? Bonne nouvelle, vous ne risquez plus rien! A la rigueur, notre ami Google nous sort deux trois trucs sur le surmenage des parents dont les enfants sont atteints de pathologies graves, diabètes, cancer, parce que eux quand même, ils ont de bonnes raisons de ne plus en pouvoir (ce qu’on imagine aisément, mais qui laisse quand même pas mal de monde sur le carreau).

Bon mais alors, je leur dis quoi moi aux copines qui du matin au soir se disent qu’elles doivent vraiment être complètement NULLES de ne pas s’en sortir avec leur nouveau né hurlant, leurs bambins fiévreux, et toutes les petites galères du quotidien? De ne pas réussir à être la mère souriante, heureuse, épanouie, qu’on voit sur les magazines, qu’on nous vend dans les films et série TV, comme semble réussir à être la voisine, l’ancienne copine de fac, la grand mère, qui s’en sort(ai)ent si bien ELLES.

Je leur dis “implique leur père, tu ne les as pas fait seule ces enfants!”. Parce c’est pas faux (même si les familles monoparentales sont aussi une réalité par trop niée), parce que c’est la seule issue et que ça marche, parfois. Je dis seulement “parfois” oui, parce que c’est pas facile de remettre en cause des siècles de patriarcat en quelques générations, parce que ça bouscule, parce que c’est pas naturel et que se battre, déconstruire les habitudes et en changer, c’est pas simple quand on n’a déjà plus l’énergie de se lever le matin. Parce que les habitudes reviennent au galop, parce qu’on peut pas dire à une jeune mère “ton mec ne veut pas se lever la nuit? T’as qu’à le quitter”. Alors on tricote, on négocie, on concilie et ça évolue, doucement. Trop doucement au regard de l’urgence de l’épuisement. D’autres leur disent “t’avais qu’à pas faire de mômes”, et c’est pas faux. Mais c’est un peu facile aussi. Pas besoin de réfléchir au problème, pas besoin de compassion, d’empathie, d’intelligence. Pas besoin de changer, pas besoin d’inventer. Le “tavékapa” est une panacée universelle en matière de politique: Tavékapa arrêter l’école, tavékapa fumer, tavékapa manger au fast food, tavékapa vivre en ville, je vous passe le reste. Je milite pour que chacune puisse faire ses choix et soit respectée quelqu’ils soient, pour qu’on fiche enfin la paix à celles qui ne veulent pas d’enfant et qu’on ouvre les yeux sur le quotidien de celles qui ont décidé d’en faire.

Car je vous le dis bien fort: nous sommes des menteuses, des menteuses de mères en filles même! Ma mère m’a menti, toutes les années où elle prétendu se moquer d’avoir le talon trop cuit du rosbeef, les biscuits éternellement cassés, où elle nous a donné sa glace sans sourciller parce que, finalement, on préférait le chocolat à la fraise. Toutes les années où elle a fini les assiettes tout en débarrassant la table parce qu’elle n’avait pas le temps de s’asseoir, les centaines de cafés réchauffés qu’elle a finalement bu froid parce qu’il le fallait bien. Son sourire quand mon père annonçait qu’il partait à l’autre bout du monde pour le boulot deux jours après en la laissant avec les mômes et les miasmes était un mensonge, son tendre empressement à repasser ses chemises et à les disposer dans la valise de façon à le prémunir d’une faute de goût aussi. Elle m’a caché ses larmes, ses crises de nerf, ses ras-le-bol, ses frustrations quand “prendre soin d’elle” était réduit à “aller aux réunions Weight Watchers” pour substituer à la tyrannie de ses enfants la tyrannie sociale, quand nous ne la laissions même pas déféquer en paix. Elle m’a menti chaque fois que je suis rentrée de l’école et que j’ai trouvé la maison propre, le repas chaud et appétissant sur la table, chaque fois que trempée de sueur dans l’insouciance d’une après midi passée au grand air, j’ai trouvé un gâteau tiède et du jus de fruit frais sur la table du jardin. Elle m’a menti quand, pour avancer sur ses projets, elle devait consentir à des nuits blanches. Elle m’a menti chaque fois que mon père nous emmenait à la plage et où elle se disait tellement heureuse de pouvoir “mettre la maison au clair” en shampouinant les moquettes et lessivant les volets.

Moi aussi je suis une menteuse. Chaque fois que je n’ai pas n’osé dire combien de fois je me lève la nuit, combien de temps cela fait que je n’ai pas dormi d’une traite, combien de temps cela fait que je n’ai pas mangé chez moi assise de l’entrée au dessert. Chaque fois que je n’ai pas osé dire à quel point la grossesse peut être un moment pourri, à quel point on peut se sentir malade, diminuée, impuissante, terrorisée aussi. Chaque fois que je n’ai pas osé dire que oui, un nouveau-né tète tout le temps, chie tout le temps, et grandit lentement. Très lentement. Qu’un petit enfant c’est tout le temps malade, et qu’on s’inquiète, et que ça tombe jamais au bon moment. Qu’un tout petit enfant, ça a tellement de choses à apprendre et d’idées dans la tête que chaque minute, ça réclame trois cent choses. Qu’un petit enfant, c’est une bombe émotionnelle, qui pleure puissance mille, se réjouit puissance mille et que, bon gré mal gré, c’est au parent d’encaisser. Chaque fois que je m’enferme dans ma chambre pour crier fort dans un coussin (parce qu’il ne faut déranger personne) d’épuisement, de rage, de désespoir, chaque fois où j’ai supplié mon nouveau-né d’arrêter de pleurer, mon enfant d’arrêter de me solliciter, mon ado d’arrêter de m’envoyer bouler. Chaque fois que je me suis réfugiée dans les toilettes parce que c’était la seule pièce de la maison avec un verrou fiable. Chaque fois que j’ai fait semblant d’avancer sur mes projets professionnels alors que je n’avais ni le temps ni la disponibilité pour le faire sereinement et efficacement. Chaque fois qu’après avoir amené mon bébé chez la nounou, je me suis assise sur les marches de la cage d’escalier pour pleurer un bon coup en entendant ses hurlements derrière la porte, avant de commencer ma deuxième journée.

J’aimerai vous dire que je suis une exception, mais ce n’est pas vrai. J’aimerai vous dire que c’était un mauvais moment à passer, mais ce n’est pas vrai. Grattez sous le vernis de celles qui vous disent qu’elles ne voient pas de quoi je parle, examinez les cernes, les mâchoires tendues, les colères ravalées, vous verrez les mères épuisées.

Pourquoi suis-je une menteuse? Pourquoi sommes toutes des menteuses? Parce que nous avons HONTE. Et pourquoi avons-nous honte? Parce qu’on nous a menti.

On nous a fait croire qu’il était matériellement POSSIBLE de s’occuper de ses enfants H24, de les faire manger bio et équilibré, et d’accommoder de façon ludique et gastronomique les trois mois hivernaux de choux de l’AMAP, de laver leurs couches home-made, d’avoir une maison impeccable avec des jouets rangés dans des bacs étiquetés façon promotion-de-l’autonomie-à-destination-des-non-lecteurs, d’être la première à la sortie d’école pour les emmener au square, de les exempter de cantine, de garderie du soir, de programmer des sorties au musée, d’organiser des activités manuelles les mercredis après midi, de construire soi-même du matériel éducatif Montessori, de les emmener à la piscine, faire du vélo, d’être toujours volontaire pour les sorties scolaires, toujours calme et sereine en toute circonstance, de participer à l’organisation de la kermesse de fin d’année, d’avoir toujours un gâteau de prêt pour les anniversaires et ventes au profit des classes vertes, de militer dans une association de défense des sans-papiers, de garder précieusement les emballages d’oeufs les pots de yaourt et les bouchons de lait, d’être membre du comité d’organisation de la semaine mondiale pour l’allaitement maternel, d’avoir un travail prenant (mais pas trop quand même) et passionnant, qui nous rend fière et nous épanouit, auquel on va en vélo jusqu’au dernier jour de sa grossesse, grâce auquel on gagne suffisamment d’argent pour payer les vacances en club, la maison bio-climatique et les stages de formation à la communication non-violente, pour lequel on passera en télétravail si -vraiment- on sent qu’on risque de ne plus être au top du top, sans oublier de faire son footing, d’aller au yoga, d’être bien pomponnée et épilée et bien entendu, de jouir au moins trois fois par semaine.

Et si EN PLUS on a la chance d’avoir un mec féministe, alors la honte est carrément abyssale. Alors quoi, il sort les poubelles, ne laisse pas traîner ses chaussettes sales, prend des journées enfant malade, est ok pour se mettre à temps partiel quand tu sors de congé maternité, s’occupe du linge, se lève la nuit quand les mômes appellent, sait laver les chiottes, maîtrise les pâtes bolo et engueule la CAF quand il t’appelle Mme Prénomdumari NomduMari et tu trouves encore le moyen de te plaindre??? Hé oui, parce qu’il reste tout le travail invisible du parent-par-défaut, celui que personne ne connait ni ne reconnait. Le PIRE de tous les mensonges. Le travail de celui qui calcule les dates des soldes pour savoir quand aller au Monop histoire de profiter de la 2ème démarque mais qu’il reste quand même quelques trucs mettables, celui qui passe et réceptionne les commandes de Noël, celui qui envoie les cartes de voeux et les cadeaux de naissance, celui qui va aux réunions de rentrées et aux rencontres parents-profs, celui qui achète et amène les paquets de mouchoirs quand l’école en demande, celui qui fait la queue pour l’inscription annuelle au judo, celui que l’école appelle quand le gamin s’est ouvert le front à la récré, celui qui s’inquiète pour le défaut d’élocution du petit, la douleur à la hanche du moyen, les angoisses du grand, celui qui vérifie que les vaccins sont à jour, que tout le monde a pris sa vitamine D, que tout le monde est allé chez le dentiste, celui qui réserve les vacances en gîte, qui emmène les enfants chez le coiffeur, celui qui inscrit à la bibliothèque et qui va ramener les livres à temps, celui qui vérifie les trousses, se tape les devoirs, regarde les classeurs pendant les vacances et signe les carnets de liaison, celui qui coupe les ongles et nettoie les oreilles, celui qui répond aux questions compliquées, qui écoute les journées difficiles. Celui qui, chaque soir avant de s’endormir, se repasse mentalement les besoins de sa tribu, et mesure l’étendue de ce qui lui reste à anticiper, programmer, inventer, solutionner.

Donc pour gérer les immanquables échecs que susciteraient cette tâche inhumaine, on nous a gentiment expliqué que le propre de la vie des femmes était de devoir faire des SACRIFICES. Restait juste à savoir ce qu’on accepterait de foutre en l’air. L’envie d’avoir des enfants? L’envie d’avoir un job? L’envie de donner à ses enfants un peu de cette vie d’insouciance et d’abondance qu’on a tellement fantasmé et dont parfois on a soi-même profité?

Alors oui, certaines arrivent malgré ces difficultés à survivre en rognant un peu, en gardant l’essentiel (LEUR essentiel!) même si ça tient souvent du numéro d’équilibriste: faire un peu moins d’enfants que rêvé, aménager un peu son job sans trop l’écorner, dire merde aux injonctions à la féminité, aux normes de la maternité, se donner le droit de se passionner, d’aimer, de détester, de vivre pour elle-même, d’accepter d’entendre dans “les enfants c’est merveilleux!” de leur mère ou de leur grand mère combien elles en ont bavé, à quel point elles ont parfois cru qu’elles n’en réchapperaient pas, faire le tri dans son désir de donner à son enfant ce qu’on n’a pas eu (ou de lui donner la chance qu’on a eu!) entre ce qui relève de leur essentiel (et qui structure leur identité de parent) et ce qui repose sur les mensonges des générations passées et mérite (peut être) d’être classé dans l’album photo au rayon des beaux (et illusoires) souvenirs d’enfance, accepter que d’autres qu’elles-mêmes satisfassent les besoins de leur enfant et de trouver ça chouette.

Et surtout surtout, arrêter de mentir, de cacher, de dissimuler. Arrêter de croire que l’idéal maternel ressemble à la Fée Bleue de Pinocchio toujours là pour consoler les peines et résoudre les problèmes les plus ardus sans effort. Que la honte change de camp: que les mères épuisées n’aient plus honte de ne pas réussir une tâche objectivement surhumaine mais que les pouvoirs publics aient honte de ses si nombreuses années à fermer les yeux sur la fatigue émotionnelle et physique des mères.*

*Vous reconnaîtrez sans doute le titre de l’excellent ouvrage de Violaine Guéritault, quasiment la seule référence française sur la question du burn-out et surmenage des mères.

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216 thoughts on “Nous sommes des menteuses de mères en filles.

  1. Cora says:

    Je crois que c’est la première fois ou je pleure en lisant un texte sur les mamans … Biensur j’aime mes filles d’un amour inconditionnel comme tous ces textes ou citations qu’on lit sur Facebook. Ces sacrifices que l’on fait car c’est en “nous” … De la propagande somme toute .. Je ne les partageais pas sur mon fil d’actualité …. Mais a la lecture de cet article forcée de constater que je les partageais dans ma façon d’être ! Je suis la fille d’une mère parfaite, celles qui s’impliquent dans les kermesses , qui font les déguisements autant que les gâteaux, dans les écoles et dans les activités, qui ont une maison impeccable, qui anticipent le moindre besoin, la moindre volonté, celles qui sont d’autres générations …. Ces mères qui ne se couchent pas en MM temps que leur mari car épuisées de leur journée mais celles qui se réveillent toujours plus tôt que leur enfants, avant le soleil pour être sûre qu’ils ne manquent de rien … Aux yeux d’un enfant, une mère normale. A mes yeux de maman aujourd’hui, une superwoman, le graal, le modèle, le mensonge … Et le pire c’est que je suis pareille. A l’heure ou je vous parle ma maison est immaculée, je reviens d’une sortie scolaire, j’y retourne lundi et mardi, le repas de ce soir est prêt, les sorties de ciné sont planifiées… Mon rôle de maman comme vitrine car je suis une maman au foyer (au foyer c’est bien trouvé … Affectée a la maison il ne peut pas y avoir de confusion …) mais aujourd’hui je sais plutôt que c’est un mur que j’ai monté moi même pierre par pierre. Si je changeais, si je lâchais un peu mes enfants seraient ils moins heureux ? Et si je pensais a moi un peu ? Ça s’apprend et ça se travaille Donc je lâche le nettoyage des poufs de la salle de jeux et je m’en vais prendre un bain de soleil ! La rôtie va être longue les mauvaises habitudes ont la vie dure mais je refuse que mes filles vivent avec ce poids le jour ou a leur tour, elles deviendront maman …. Merci et longue vie

    • Sapristi says:

      @Cora
      Le jour où tes filles se marieront ( si elles se marient) et qu’il sera noté dans les registres d’état civil ” sans profession” te concernant , tu ressentiras peut être , comme je l’ai ressenti, un sabre te traverser le corps; car ton identité sera résumé en ces deux mots”sans profession” . Dur à digérer quand on a sacrifié sa profession pour être mère au foyer.

  2. Eve says:

    Moi j’ai l’impression que ma mère ne m’a pas menti. Je me souviens de moments où elle criait, se plaignait, etc. Parce que oui s’occuper de 3 enfants tout le temps alors que le père bosse 12h par jour c’est dur. Et ne pas trouver de nounou (en ce temps-là les 2 seules du village gardaient une bonne dizaine de gosses, le tout non déclarées, et trimballaient tout ce petit monde en une seule fois en voiture à l’école… gloups) et donc être obligée de ne pas travailler…
    A cause de ça, il reste une image assez négative et je pense que son entourage a été critique. A cause de sa façon de ne pas cacher les choses, de ne pas s’effacer devant ses enfants.
    L’histoire du poulet ou du parfum des glaces etc, je n’ai jamais vu ma mère le faire, parce qu’elle refusait d’être niée. Et en y réfléchissant je me rends compte que non, je ne le fais pas non plus ou alors très rarement. J’ai eu par contre beaucoup de mal à lâcher prise sur les “choses à faire” parce que finalement si on ne fait pas tel truc tel jour ben on s’en fout! C’est pas important! Et il y a 2 jours par exemple j’ai fait une sieste, tout simplement parce que j’étais fatiguée. Ma fille sait se débrouiller seule pendant ce temps et moi je suis bien plus disponible après etc donc tout bénef.
    Mais faut accepter de lâcher prise… le plus dur.

  3. Merci pour ce riche billet plein de réflexions qui mettent en lumière ce problème qui ne semble pas du tout d’aujourd’hui. c’est bête mais j’ouvre davantage les yeux. merci ❤

  4. Alors que ma mère était adulte et que je n’étais qu’une enfant, j’entendais ma grand-mère parler de tous les sacrifices qu’elle avait dû faire pour sa fille, s’en plaindre continuellement. Quand j’ai réclamé un petit frère ou une petite soeur, ma mère m’a répondu : “une seule, c’est déjà largement suffisant !” Pourtant, si ma mère s’occupait de la cuine, les corvées de ménage et de repassage étaient effectuées par mon père. Alors les situations que tu décris avec ta propre mère, dans l’ensemble, je ne les connais pas.
    Pendant ma grossesse, ma mère m’annonçait : “attention, un bébé, c’est très très difficile. Tu vas être stressée et épuisée pendant plusieurs mois”. Cela ne l’empêchait pas de me dire régulièrement qu’elle m’aimait plus que tout et que je la rendais heureuse, et ce depuis mon enfance… Mais on ne m’a pas menti. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle j’ai longtemps hésité avant d’avoir un enfant. Je savais que ce serait difficile, fatiguant et qu’il faudrait que je renonce à certaines de mes libertés.
    J’ai dû repasser un vêtement une fois dans ma vie la veille d’un entretien professionnel (voilà, c’est dit) (Et mon compagnon aime les t-shirts froissés, ça tombe bien). Je fais souvent du “ménage camouflage” (passer la serpillère sans déplacer les meubles, entasser des trucs qui traînent dans un placard…) parce que je préfère jouer avec mon enfant ou aller courir en forêt. Mais dans l’ensemble, je ne ressens pas de honte, plutôt de la colère… Par exemple, quand on m’a reproché de choisir de ne pas allaiter parce que je vivais à la fois un licenciement, un déménagement et un gros baby blues et qu’en plus mon compagnon était tout à fait d’accord pour se lever la nuit. Quand la nounou a dit maladroitement à mon fils : “maman part parce qu’elle doit aller travailler. Si elle pouvait, elle resterait avec toi” alors qu’elle savait que j’étais au chômage. Oui j’aurais pu rester avec lui mais j’avais besoin de temps pour moi, un point c’est tout. La colère me paraît déjà un sentiment plus productif que la honte, ça permet de rétorquer et d’affirmer ses besoins. J’espère que ces burn out cesseront enfin et que les femmes auront le droit de craquer mais aussi de s’épanouir comme elles le souhaitent. En attendant, disons la vérité dans sa totalité (par exemple : “je t’aime mais là maintenant, j’ai besoin d’un petit temps pour moi, je n’en serai que plus disponible ensuite”) et n’ayons pas peur de remettre à leur place ceux qui s’imaginent savoir mieux que nous de quoi nous avons besoin et de quoi nous sommes capable.

    • Moi aussi je suis en colère, mais je vois autour de moi beaucoup de mères qui ont honte… et ça n’est malheureusement pas un sentiment choisi. Merci beaucoup de ton témoignage, il est l’occasion de rappeler que les injonctions ne viennent pas toujours de ce qu’on reçoit de ses parents mais qu’elles peuvent néanmoins être bien présentes et oppressantes… Bon courage pour la suite de ton chemin!

  5. Delphine Aubin-Mousset says:

    Bravo et merci pour cet article qui m’a moi aussi fait pleurer tellement il résonne en moi. Je suis moi aussi fille de “mère parfaite”, elle-même fille de “mère parfaite”, devenues grand-mères parfaites, dévouées à leurs petits enfants toutes les vacances scolaires parce que moi “mère imparfaite”, je dois travailler et j’avoue, je respire aussi pendant ces 2 semaines toutes les 8 semaines ou les enfants ne sont pas là, ou je peux manger du “pas fait maison” a des heures ininhabituelles et devant la tv et aussi sortir le soir et retrouver un peu de moments intimes de couple. Peut-être pour me démarquer du schéma familial ou pour être aussi bien que ces superwomen qui travaillent et ont une tribu, j’ai osé faire un troisième enfant et j’en bave tout en répétant à tout le monde que ça vaut tellement le coup. Ma mère (parfaite) me dit qu’elle l’admire, que ça doit être dur, elle qui s’est dévouée pour ses filles tout en travaillant, nous gardant pour les vacances scolaires, cuisinant, astisquant (tout comme décrit dans l’article) alors que moi je suis aidée pour le ménage, les enfants et les vacances…Alors qu’est-ce qui a changé entre leur temps et notre temps? Elles ne faisaient pas de burnout nos mamans? Sûrement parce qu’elles étaient dans le renoncement, qu’il n’y avait pas cet acharnement à être mère et femme, à s’occuper de ses enfants tout en voulant continuer sa vie d’avant (sortir, faire du sport, du Shopping, boire un verre entre amies, etc) et surtout “paraître” une super maman. Elles étaient des super mamans sans chercher à l’être…nous on cherche à l’être au lieu de faire les choses par instinct…Fichue évolution de la société…

  6. Gaetan says:

    Merci pour ce texte salutaire. Comme disent les anglais, il touche pres de la maison.
    Pere engage de deux enfants en bas age, je ne me reconnais que trop bien dans la liste des choses que je fais comme dans la liste des choses que je ne fais pas.
    Oui, ma conjointe gere les cadeaux de noel, le tri des photos, et bien des choses encore.
    Nous communiquons sur toutes ces choses, pas toujours sans violence malheureusement (mais qui le pourrait avec tant d’abnegation ? Mathieu ricard est-il parent ?)
    Ce qui me peine le plus est de voir le fardeau que represente la parentalite pour ma conjointe (a cause de toutes ces choses que l’on s’impose), et de ne pouvoir toujours y remedier.
    Je travaille a temps partiel, et malgre ca, les 2 jours par semaine ou elle passe des journees seule avec un des enfants, j’ai l’impression de l’abandonner a son sort. (Le temps partiel servant peniblement a eponger les jours ou les enfants sont malades et les vacances scolaires)
    Impossible de savoir si une journee sera agreable ou cauchemardesque.
    La pression sociale est insidieuse et douloureuse pour ma conjointe (une amie lui a deja dit que j’etais un saint.. comment repondre a ca ???). Seuls les parents ayant des difficultes recurrentes avec leurs enfants pretent parfois (a chacun ses limites) une oreille bienveillante.
    Des fois je me dis qu’une association de parents anonymes pourrait etre utile.
    Mais nous essayons de nous menager des espaces de repos (le salon est interdit aux enfants le soir), et malgre les difficultes nous avancons.
    Courage a tous les parents.

    • Merci beaucoup pour votre témoignage qui me touche beaucoup. Je pense que mon conjoint pourrait écrire vos mots, votre peine et votre désarroi. Je tente à ma petite mesure de faire vivre avec l’association des Vendredis Intellos l’idée d’une communauté de parents qui pourrait se soutenir, s’enrichir, se doper dans les moments difficiles, mais c’est un long chemin. Bon courage à vous et votre conjointe.

  7. Oddrey says:

    Merci, juste parfait ❤ . Tout se qui se passe dans ma tête écrit noir sur blanc. Ouais, moi qui ais une moitié qui fait plus que la moitié, de quoi devrais-je me plaindre… Prendre soin de soi, et se faire la vie jolie, oui, oui, oui ! Le plus dur : passer à l'action. Mais je progresse, en remerciant mes congénères qui osent écrire (avec talent) haut et fort l'épuisement des mères (et parents en général) sur le net. Je reviendrai lire avec plaisir !

  8. Helene says:

    Pfiou….. alors je suis une petite primi donc j’en suis pas la mais j’ai surtout une question apres avoir lu ce texte mega-puissant (t’as un talent definitif pour l’ecriture toi), c’est “pourquoi ton blog est pas encore dans mes favoris?
    Non serieux, je suis “juste” une primi mais je ressens deja cette competition permanente, meme pour le developpement d’un bebe (genre louloutte aura un an mardi de la semaine prochaine, et tout le monde me saoule qu’elle marche toujours pas)… alors JUSTE MERCI!!!
    et merci de mettre ton talent au service de tous, j’adore te lire!!!

    • Peut être parce que j’y suis très peu assidue 🙂 Si tu veux me lire, tu auras plus de chance de me trouver sur twitter @mmedejantee ou sur le site des Vendredis intellos que j’anime depuis 4 ans. Merci de tes mots et de tes compliments qui me touchent.

      • oh bah mince… voilà à quoi va passer mon samedi! et peut etre mon WE, et peut etre toutes mes pauses déjeuner de la semaine prochaine… Merci pour cette super découverte que ce site de Vendredis Intellos, et encore merci pour ton billet. Je me sens nettement moins seule et nettement mois coupable, alors que pourtant j’ai 1) un papa super féministe à la maison et qui en fait énormément et 2) un bébé méga fastoche, de ceux que décrit la personne qui a commenté sur ton article qu’il était cliché. Merci pour ce partage, bonne journée et bon WE à toute ta famille.

  9. Wow

    J’ai beaucoup aimé ton post
    Je l’ai partagé à mon mari qui n’a pas compris pourquoi, pour lui c’est pas un article sur le burnout maternel mais sur le fait que les mamans mentent en disant qu’elles font des tas de choses alors que non.
    Pour ma part je me sens tellement concernée
    Je suis maman au foyer, avec une famille loin et des amis loin aussi. Les seules connaisances que je me suis faites ici sont des ”planches pourries”, trop bonne trop conne.
    J’ai l’impression de ne pas avoir de vie à part les 4 murs de ma maison
    Je n’ai que ma maison et mes enfants, et je n’en peux plus. Je ne supporte plus de n’avoir aucun autre but dans la vie que je fais le strict minimum chez moi, à savoir la bouffe, la vaisselle (enfin vider et remplir le lave-vaisselle), et m’occuper des enfants, école pour le grand et télé pour la petite. Et faire les courses, et emmener ce petit monde aux activités sportives
    Je n’ai envie de rien, je n’ai l’énergie pour rien, j’ai juste envie qu’on me foute la paix…

    Je n’ai aucune expérience pro et mon dernier boulot c’était en 2006, et il ne me plaisait pas. En plus c’est compliqué pour que je trouve un boulot étant frontaliers

    Mon mari s’occupe du linge le week-end et de l’aspi aussi. Outre le fait que je trouve normal qu’il ait des tâches ménagères vu qu’il vit aussi ici, j’en ferais un peu plus si quand j’en fais plus je n’avais pas systématiquement des réflexions sur ce que je n’ai pas fait. Pour mes BP mon mari ne devrait pas faire le linge le week-end mais moi la semaine car on devrait être tous les 4 au calme le week-end, oui sauf moi vu qu’il faut quand même que je cuisine et m’occupe de la vaisselle nanmého…

    Depuis septembre je fais de la zumba, je voulais voir d’autres personnes et perdre un peu de poids, j’ai rien perdu. Depuis quelques semaines avec mon mari nous prenons des cours d’impro et j’avoue que je préfère à la zumba…

    Mon généraliste m’a conseillé de voir un psy, il y a un an… Je n’y arrive pas
    Bon pour lui mon état est une conséquence de l’opération à cœur ouvert que mon grand a subi à 4 ans et demi pour une malformation détectée juste avant 4 ans quand j’étais à 6 mois de grossesse. Moi je pense que ça en fait sûrement parti mais je pense que ça explique surtout la dégradation de ma relation avec mon fils

    Enfin bon je vais arrêter de m’épancher
    Merci pour ton article

    • Merci beaucoup pour ton témoignage. L’incompréhension dont tu parles est terrible et mériterait elle aussi un bon petit pavé… C’est déjà tellement dur de dire les choses, d’appeler à l’aide, quand en plus la réaction donne l’impression de ne pas parler la même langue, de ne pas vivre avec les mêmes règles…
      Sois bonne pour toi, sois ta meilleure amie.

    • Sapristi says:

      Je comprends que demander de l’aide soit difficile. Il faut trouver la bonne personne,la bonne oreille qui saura entendre ta détresse sans te culpabiliser.
      En attendant de la trouver -encore faut-il la chercher- le fait d’écrire sur des blogs aide à exprimer ses idées. Libérer la parole avec des cours d’impro est une bonne idée. Si tu peux participer à du théâtre -forum autour de thématiques qui vous touchent , fais le. Pour une idée de ce que c’est jette un œil sur http://www.compagnie-naje.org.
      Courage, il Ne faut Jamais Abandonner l’Espoir ( acronyme de NAJE)

  10. J’ai lu, aussi attentivement que possible et j’espère ne rien oublier et ne rien dénaturer en construisant ici ma réponse.
    Ma mère ne m’a pas menti. A l’époque, je ne soupesais pas sa lassitude, mais elle l’exprimait et sans la réaliser, je la percevais quand même.
    A mon tour, je n’ai pas l’impression de mentir et de me mentir par la même occasion. J’exige et obtiens mes moments de solitude puisque c’est ainsi que je me régénère le mieux. Le Homard, mon mec, gère sa propre vie, je n’interviens dans son organisation que lorsque je suis impactée. Je lutte perpétuellement pour qu’il prenne part équitable à la conduite de notre foyer. Je ne gagne pas toujours mais j’essaie perpétuellement. Je suis sa femme, pas sa mère, j’ai imposé cette idée dès le début (histoire de bien cadrer les choses).
    Je ne gère pas son linge, ne repasse pas ses chemises et ne ressens rien face à son désespoir hebdomadaire quand il dénombre ses trop nombreuses chaussettes orphelines. Je ne prends pas rdv pour lui chez le médecin, je ne deviens pas à sa place l’interlocutrice privilégiée de ces copains/copines et donc ne gère pas sa moitié de notre vie sociale, etc etc. C’est radical effectivement, étrange certainement mais c’est SA vie. J’ai LA mienne. Et ça fait 10 ans que ça dure, bon gré, mal gré !
    Oui, c’est épuisant d’être mère mais j’essaie le plus possible de ne prendre en charge que ce que je peux physiquement et mentalement prendre en charge. Pas plus. Et quand c’est impossible de ne pas me surcharger (bien sûr, cela arrive régulièrement, je demeure malgré moi le parent permanent), je le dis et je m’en plains, sans culpabilité parce que je sais être dans le juste. Ça ne résout pas tout mais ça fait du bien.
    Depuis que je suis mère, je m’interroge régulièrement sur ce sentiment inhérent à la maternité que je nomme, peut-être à tort, le sentiment de “toute puissance”. Parce que face à nos nourrissons puis à nos jeunes enfants, c’est ce que nous sommes, au-delà des difficultés logistiques, toutes puissantes. Nous décidons, nous agissons, nous défendons, nous protégeons… Et je me demande dans quelle mesure certaines femmes devenues mères n’auraient pas une relation plus que tordue d’un point de vue névrotique et plus qu’ambiguë aussi par la même occasion avec ce sentiment de la toute puissance.
    Sur ce, bonne soirée !

    • Merci pour ton partage d’expérience. Heureuse de lire que tu as trouvé l’équilibre qui te convient et qui t’épanouit. La question de la “toute puissance” des mères est un thème que les psychanalystes affectionnent énormément. Personnellement, j’ai du mal à le prendre au sérieux pour au moins deux raisons: la première c’est que cette expression sous tend une représentation très patriarcale du partage du rôle entre mère et père: la mère donnerait la vie, la nourriture, tout ce qui touche au corps quand le père apporterait la filiation sociale, morale, etc… Dans cette représentation, au premier lien “naturel” mère-enfant devrait (rapidement) se substituer le lien social apporté par le père auquel il incomberait de “séparer” la dyade mère-enfant. Je trouve ça terriblement stéréotypé, et terriblement enfermant pour les parents à l’heure où il est question de réinventer les rôles, de s’affranchir de ce genre de carcan! La deuxième raison est que cela ne correspond pas vraiment à ce que je vois autour de moi: point de mère surpuissante qui veulent tout contrôler mais des mères au bout du rouleau, le nez dans le guidon, qui ne dorment pas, ne mangent pas, n’ont pas le temps de se laver ou de faire pipi…

  11. Ella says:

    Mais aussi, pourquoi en est-on venu à leur tisser un tel cocon protecteur, à ces chers petits?
    J’appartiens à une génération où jamais les parents n’allaient chercher leurs mômes à l’école, ils se servaient de leurs jambes ou de leur bicyclette, pas question de les amener à des activités périscolaires, ça n’existait pas à l’époque, les gosses s’inventaient leurs jeux tout seuls et ne vivaient pas constamment dans l’orbite des adultes. Et oui, ma mère, qui ne savait pas mentir et explosait sans complexes quand il y avait lieu, avait des moments pour souffler et être un peu elle-même, plus que les mamans de maintenant, semble-t-il.
    Et si on arrêtait de s’inventer des devoirs et des obligations?

    • Peut être simplement que les devoirs et obligations ont aussi évolué (avec la société), se sont déplacés? Je ne pense pas que “avant c’était mieux” (surtout sur la question du surmenage des mères!), c’était juste différent.

  12. Mathilde says:

    Et bien moi je ne suis pas une menteuse : Montessori ça me saoule et je garde ma glace merci, tu n’avais qu’à en choisir une autre, faut pas exagérer non plus…
    Et tout un tas d’autres choses. Et mon mari je le secoue et je lui fais des listes de corvées !

  13. Sarah says:

    Honnêtement, je trouve ce bilelt cliché, et surfait.

    Et même culpabilisant pour les mamans qui vont bien, merci (sauf qu’en fait, y’a as trop de risque, les mamans qui vont bien, ce sont souvent, jsutement, celles qui ne culpabilisent pas trop pour ien).

    Un bébé ne passe pas focrément sa vie au sein. Un bébé ne tombe pas forcément mala de (le mine, jamais en 13 mois. Je is bien que ça viendra et que ça sera relou, mais pour l’instant, on est peinards).

    Il y a des bébés qui dorment.

    Il y a ds bébés, ou des enfants, qui s’occupent très bien seuls, nu bot de temps.

    Il y a des mamans qui ont le sommeil un peu plus lorud que d’autres, aussi, et qui entendent les pleurs, certes, mais pas les micro-chouinements. Il y a celles qui se dient : bon, dans 5 minutes, j’y vais, et qui en fait se rendorment, et quand elles se réveillent jsutement 5 ou 10 minute splus tard, bébé s’est rendormi comme un bienheureux. Et du copu, elles replongent.

    Il y a des mamans qui ne se prennent pas la tête si le bain n’est pas donné, qui procrastinent les trucs pas important dont le bébé se apssera bien et qui peuvent attendre demain. Celles qui se contrefichent d’être tout le temps bien épilées. Qui ne culpabilisent pas, puisque leur gnôme est en bonne santé et visiblement épanoui.Celles qui ne trouvent pas grave que leur enfant ne fassen pas 15 activités. Celles qui trouvent normal que leur enfant apprennent AUSSI à s’amuser seul.

    Celles qui n’éprouvent pas une once de culpabilité (mais forcément de soulagement spécial pour autant) en laissant leur enfant chez nounou, ou chez les grands-parents.

    Celles qui, quand une journée est un peu plus difficiles que les autres, ne mentent pas, disent que c’est dur, ou qu’elles sont épuisées, ou qu’ellles ont galéré. Et que ça ne gêne pas le moins du monde.

    Il y a des enfants malades, RGO et Cie, et dans ce cas, on ne peut rien y faire. Il y a des enfants plus difficiles, plus demandeurs que d’autre, c’est vrai. Mais il y a les autre, justement !

    Pour finir, il y a des mamans (et des papas !) qui dorment d’une traite toutes les nuits… et qui ne sont pas des menteuses !

    • Très heureuse de lire que vous vivez votre maternité d’une façon qui vous épanouit. En revanche, je ne pense pas que s’interdire de parler du surmenage des mères et de ses mécanismes au titre que cela pourrait être “culpabilisant pour les mamans qui vont bien” puisse permettre aux mères épuisées de se départir de la honte que je crois en grande partie responsable dudit cercle vicieux.

      • Sarah says:

        Ce n’est pas une question de se l’interduire. D’ailleurs, tout le monde en parle, à tel point qu’avant d’avoir un enfant, on a l’impression qu’on va forcément mal dormir pendant des mois, forcément en chier… en tout cas, à en croire l’internett.
        Heureusement, on ouvre les yeux, on regarde l’entourage, et on se dit “tiens, TOUTES les emmerdes ne sont pas une fatalité.

        Honnêtement, si tu as l’impression que’il est tabou de parler de surmenage maternel, perso, j’ai plutôt l’impression de lire le contraire PARTOUT sur les blogs et les fils Twitters qui leurs sont affiliés : “si t’en chies pas trop, si tu dors la nuit, si ton bébé accepte le transat et ton très jeune enfant le parc, si tes gosses te laissent prendre ton bain tranquillou, t’es pas une vraie maman”. Heureusement, je ne suis pas trop du genre à culpabiliser (et je dirais que ne pas culpabiliser, c’est, après la bonne santé de l’enfant, la seconde condition pour être une maman qui va bien), parce que sincèrement, ce discours (et celui que le lecteur persçoit en lisant ton article) n’est pas du tout plus nuancé que l’autre.

    • Je ne peux que vous souhaiter bon courage pour les étapes suivantes, puisque les 13 premiers mois ont été du gâteau.
      J’espère cependant que vous trouverez assez de compassion pour entendre vos copines dire qu’elles n’en peuvent plus et garder leur bébé 24h pendant qu’elles font une sieste réparatrice.

      • Sarah says:

        Ce n’est pas une question de compassion ; c’est le mot “toutes” qui me fait tiquer. La généralité.

        Avoir un enfant, c’est jouer à la loterie. On peut avoir du bol ou pas, sur les maux de grossesse, l’accouchement, le caractère du bébé, son sommeil, sa santé (sachant que statistiquement, il y aura quasi forcément un domaine bien foireux – mais, dans le cas contraire, au moins un domaine “doigts dans le nez”). Quand on se lance dans l’aventure, il ne faut pas l’oublier : c’est aléatoire.

        De même, quand c’est compliqué, on ne ment pas “toutes”. Si certains ressentent le besoin
        Et les discours manquent souvent de “peut-être”, de “parfois”, de “il arrive que”. Et personnellement, je trouve ça dommage. Le discours de maman déjanté autant que les discours qu’elle critique (et qu’elle a d’ailleurs raison de critiquer, car quand on parle d’enfants, à fortiori de jeunes enfants, toute généralité est à bannir).

        Rien que dans cet article, on lit des généralités très catégoriques et pas forcément avérées, telles “un petit enfant, c’est tout le temps malade (ah merde, le mien, c’est pas un vrai, alors ?) ou qu’il faut “gratter le vernis” de celles qui pour qui ça va (parce que ce sont forcément des menteuses, hein ?).

        Par exemple, le “on est toutes des menteuses” est très exagéré. La blogosphère est pleine de mamans qui disent à quel point elles en chient. Moi-même, les (rares) fois où ça a été plus compliqué, je ne l’ai caché à personne. Parce que aprler de compassion, c’est bien beau, mais si on ment aux autres, comment peut-on espérer qu’ils compatissent pour une situation qu’on leur cache ?

        En ce moment, j’ai plutôt l’impression d’entendre que la maternité, c’est forcément très relou, et ça implique de passer sa vie entre la salle d’attente du médecin et les tentatives d’endormissement d’un nourrisson récalcitrant (les premiers mois) et de bêtises non-stop (plus tard).

        Donc on et zen, on respire, on s’entr’aide quand il faut, on n’h’hésite pas à faire sauter les corvés pas obligatoires, on n’est pas obligées de donner le bain si on a la flemme et que le bébé n’en a pas besoin ; si on n’a pas une épilation top, on met des fringues appropriées quelques jours le temps de se remotiver, et grands-parents, tontons et tatas sont souvent ravis de se voir confier les prunelles de nos yeux de temps en temps ! Ce n’est pas la recette miracle, mais ça améliore le quotidien.

        L’entrée à l’école, on va en chier ou pas, l’arrivée du n°23, on va en chier ou pas, j’aurai un accouchement mieux que le précédent, ou pas, on verra bien en temps voulu. Tant que personne ne prend son expérience pour une généralité, la discussion reste intéressante et possible.

    • <<>>

      Ha bah tu as des solutions et des injonctions toutes prêtes, pratique !
      Les corvées pour moi, ce sont les trucs obligatoires comme manger pour avoir assez d’énergie, faire que l’enfant soit dans des bonnes conditions hygiéniques (on ne parle pas de sauter un bain mais bien de changer les couches par ex).
      Dans mon cas, j’ai pas la famille en soutien, ils sont pas méchants, juste loin. Donc certes, ils seront ravis de les tenir dans les bras deux heures…avant la prochaine tétée…mais ils n’ont pas forcément des seins qui produisent du lait.

      Quand je demande de la compassion, c’est de dire “peut-être que pour d’autres femmes, c’est très difficile. Qu’est-ce que je pourrais faire pour les aider, ces femmes ?”

      • Sarah says:

        Il n’y a pas de solutions toutes faites ; il n’y a que des bébés différents, des familles différentes, des approches différentes et beaucoup de hasard.

        La chance entre le ligne de compte, dans tous les domaines, de la fécondation à l’accouchement, en passant par le déroulement de la grossesse, et l’après : les nuits, la santé, la capacité à jouer seul, etc.
        Par exemple, tu parles de changer les couches, mais entre un bébé qui fait caca toutes les 4 heure et un bébé – généralement au lait maternel – qui fait caca tous les 4 jours, c’est pas pareil – une couche de pipi, ça se change vite.
        Quand tu évoques le fait de manger comme une corvée, j’ai davantage du mal à comprendre ce que tu veux dire… je veux dire, tout le monde mange, non ?

        Je suis consciente que j’ai de la chance, et que la chance, ça va, ça vient. J’ai aussi conscience que , dans la mesure où tous les enfants sont différents, on va peut-être en chier avec le (ou les ?) suivant(s). Ou pas, ou un peu mais pas trop. On verra !
        Je trouve juste ce billet réducteur, car il est bien trop généraliste. Ca manque de “parfois” (voire de “souvent”, soyons fous) et de “peut-être”. Et c’est ça qui m’agace.

        Ca ne m’empêche pas de compatir pour les gens qui galèrent, car je sais que ça arrive, et je sais que parfois, il n’y a pas grand chose à faire.

        Ca ne veut pas dire que je puisse t’aider : je ne te connais pas, je ne connais pas otn bébé. Il m’est arrivé de laisser des conseils sur des forums, mais ce n’est pas parce que ça a marché chez moi…
        (après, hein, si tu veux me laisser ton mail, par exemple, et si tu veux me demander des astuces sur tel ou tel point, je me ferai bien entendu un plaisir de te dire comment moi je fais parce que ça amrche avec mon enfant, mais c’est sans garantie de réussite, ni avec mon ou mes prochains, ni avec le ou les tiens.

  14. Vraiment merci pour cet article. Ma mère râlait beaucoup du coup je voulais être la mère parfaite qui gère tout la semaine et passe les week end à rigoler à la plage … Mais je n’y arrive pas. Et je ne mens pas . D’ailleurs ma fille cadette n’est pas dupe et ne veut pas d’enfant car c’est trop fatiguant. Quand elle m’a dit cela je me suis sentie triste. Si elle pense cela c’est que je lui renvoie une image négative de la parentalité ?

  15. Violaine says:

    Merci.
    Vraiment.
    En vous lisant j’ai l’impression de lire en moi : toutes ses difficultés, ses peurs et ses doutes, ses non- dit et ce qu’on nous impose de faire.
    Ce combat pour correspondre à la mère et femme parfaite qu’on voudrait être. Qu’on devrait être.
    Et ses larmes cachées le soir tard planquée sous les couvertures.
    Cette boule dans la gorges le matin au réveil.
    Ce soupir de fatigue quand commence la 2e journée après une première bien remplie.
    Cet envie de tout plaqué et de tout laisser tomber.
    Puis se lever pour un-dernier-bisous-maman et des serre-moi-fort-mon-coeur.

  16. Hélène says:

    Très beaux texte. Comme beaucoup je reconnais ma situation familiale dans cet écrit :
    Maman de trois enfants, un mari féministe qui fait énormément de choses à la maison et qui aurait adoré prendre le congé parental mais ça c’est joué au salaire et bien sûr il gagnait plus que moi.
    On doit tout bien faire car au vue de la société et de l’entourage : je suis à la maison alors tout doit être nickel, je n’ai que ça à faire de mes journées.
    Les premiers temps tu arrives à ce que tout soit parfait: les goûters maison, la maison propre et rangées, les activités manuelles, les jeux pour éviter la télé aux enfants, les invitations à déjeuner des copains et copines pour sociabiliser tes enfants, les efforts à se sociabiliser soi-même, ne pas oublier que tu es maman mais tu dois être aussi une épouse.
    Et puis au bout d’un moment, on commence à manquer d’énergie. On en a marre de ranger les jouets pour que le lendemain tout soit à recommencer, pareil pour l’aspirateur : à quoi ça sert, il faudra recommencer au prochain repas… zut j’ai du retard dans le pliage du linge.
    Et puis les reproches arrivent tout doucement. Le mari bien que très attentif à mon bien être et à me décharger commence à être agacé du “retard en tout” et arrive des réflexions du genre : “demande à tes copines si leurs maris font autant de choses en plus de leur travail !”
    Bin oui effectivement peu de mes amies ont un mari aussi impliqué… mais à un moment, à ce moment, ça n’est plus assez.
    Et ça se répète, tellement que petit à petit on n’ose plus dire et parler de notre fatigue de maman en burn-out et on fait quoi ? On appel à la rescousse les grands-parents qui sont tout content de prendre un de leurs petits enfants, Mais comme ils commencent à être fatigués et qu’on en a trois, c’est un par un alors au mieux on arrive parfois à n’avoir qu’un enfant à la maison. Et puis, comme ça ne suffit toujours pas on se referme, et on se sent très seule.
    Je n’ai pas HONTE de ne pas être une mère parfaite ni une femme parfaite, ni une épouse parfaite, par contre les dictats que la société impose font que je me sens vraiment SEULE et ISOLEE, car une maman qui reste chez elle à s’occuper de l’éducation de ses enfants jusqu’au trois ans du dernier, n’a pas le droit de se plaindre car elle NE travail PAS. Sans compter que dans certaines villes, lorsqu’on est en congé parental, nous n’avons pas le droit à une place en crèche pour ce décharger et se dégager une petite demi-journée de temps en temps…

    • Sapristi says:

      Peut être remettre en cause les normes sociétales aiderait….
      Ne pas rester seule et isolée, rejoindre une troupe de théâtre forum pour exprimer ses sentiments d’oppression et d’agir serait un pas en avant, non? juste une idée!

  17. bicoune says:

    Merci. Merci pour ce texte qui m’a donné envie de pleurer tellement il reflète la réalité. …..
    Et c’est encore plus vrai quand vous avez mené un long combat contre l’infertilité, pas le droit de se plaindre!

  18. Jo says:

    Merci pour ce billet tellement réaliste sur la situation des mères, on ne dira jamais assez combien on aime nos enfants mais il faut apprendre à dire aussi les vérités. Si toutes les mères osaient avouer leurs difficultés alors on avancerait vraiment, malheureusement trop d’entre nous veulent paraître parfaites. J’ai pleuré en lisant ce billet, pas de tristesse, mais d’un profond soulagement, tout y est avec une telle clairvoyance. “Ta vie ne sera jamais plus la même après être devenue maman”c’est vrai mais j’étais loin d’imaginer à quel point. Mon mari souvent absent ou en décalé ne peut pas me soutenir ou du moins tellement de façon épisodique que je n’ai pas vraiment le temps de reprendre mon souffle. Mon temps de travail est aménagé mais parfois je me repose plus au travail qu’à la maison ! J’ai longtemps résister quelque part, en me disant : “non,non,non, je veux une maison propre,un corps épilé, des repas sains et équilibrés et surtout dormir correctement!” Mais cela ne m’a pas réussi ni à moi ni à mon enfant …alors j’ai fait de mon quotidien une suite de missions, une organisation sans faille ou presque, le sacrifice est devenu un mode de vie. Je me couche très tard pour effectuer les tâches ménagères et autres. J’assure ou du moins j’essaie sur tous les fronts avec très peu d’indulgence envers moi (mais je me soigne). J’ai la chance d’avoir de la recon aissance de mon responsable pour ma vie professionnelle, et d’avoir les “je t’aime” de mon enfant pour ma vie de maman.Mais je ne mentirais plus, être maman c’est beau, c’est fort mais c’est aussi difficile surtout lorsque le manque de soutien et d’encadrement se fait sentir.Mais seules les femmes peuvent changer cela, peut-être pas dans la forme car on restera toujours le point de repère de nos enfants,mais au moins pour changer le regard sur la maternité et parentalité, si toutes les femmes tenaient le même discours la société serait obligée de s’adapter et nos hommes d’ouvrir les yeux sur cette réalité et agir, changer.

  19. papa pas a pas says:

    Un très grand merci pour ce témoignage touchant et tellement vrai.

    Il m’a un peu plus permis de comprendre ce que vit mon épouse, ces craquages, ces coups de gueules incompréhensibles sur l’instant mais dûs a toute cette pression constante qu’elle n’a pas possibilité de relâcher.

    Mais on travaille a un équilibre, une stabilité, des bouffées d’air, et je ne désespère pas que l’on y arrive.

    En tout cas merci du fond du coeur.

  20. Coralie says:

    A lire aussi les livres d’Elisabeth Badinter “le conflit- la femme et la mère”. Elle y fait ce même constat décrit ici, certes sans “solution” mais très intéressant de voir d’où viennent ces diktats de la mère parfaite.

    • C’est vrai et en même temps je trouve qu’au titre de l’émancipation, elle demande une nouvelle fois aux femmes de se conformer à un autre idéal. Moi je voudrais surtout que les mères s’écoutent d’avantage, soit davantage bienveillantes envers elle-même…

  21. Freyja says:

    Comment on fait, quand son prince charmant, adorable, bosse comme un fou, et que c’est “équitable” (dixit lui) que lui travaille dehors pour gagner la pitence, et que maman travaille à la maison pour tout le reste et s’occuper de bébé? Quand le prince charmant dit que c’est tout à fait normal d’aider à la maison pour les corvées quand on est 2 à travailler à l’extérieur, mais que ce n’est pas équitable pour lui d’aider en rentrant du boulot, puisque moi je suis toute la journée à la maison avec bébé?… Parce que moi, tout ce que je vois, c’est qu’on est 3 à salir, déranger, et que je suis seule à nettoyer, ranger, tout gérer… Et que les 20min de sieste de ma puce, ne me suffisent pas à ranger tout ce qu’elle (et nous!) dérange en… 12h?!
    Parce que je suis à court d’arguments et je me sens incomprise… ça commence à déteriorer l’humeur et l’ambiance…
    Lui quand il rentre du boulot, il a FI-NI, il peut souffler!!! Moi je continue de jongler entre le repas, la vaisselle, le coucher, les tétées, les couches, et cie…

    Une pensée émue compatissante pour la maman qui ne peut pas aller au petit coin en paix…

    • Je te propose de lui demander un salaire pour le travail que tu fais 🙂
      Blague à part, cela pourrait être de demander des vacances seule, sans lui ni enfants, genre 5 semaines par an où tu peux partir au bout du monde et il se débrouille…il payera la garde s’il ne peut pas prendre lui-même de congés payés pendant ce temps.

  22. berange says:

    Sans mentir je suis une maman papa qui eappe les choses je fais une maison immaculée une semaine sur deux pour la simple et binne raison que la maison immaculée à tenu 10 min et que je suis dégoûtée que j ai envie de tricoter au lieu de récurer les toilettes……
    Que je fais des repas équilibrer uniquement le week end par ce que j ai le tps qd la plus petite fait la sieste….. Que j exploite ma grande pr mettre les légumes ds le plats et j ai pas de problème de conscience parce qu elle est contente d être 10 min je avc moi… Que les sorties scolaires c est ma nounou qui le fait la conduite chez le docteur qd la fievre est arrivée le matin parceque je fait 37 h par semaine qu étant maman solo je peux pas perdre une journée de salaire…..
    Je prend la majorité de mes vacance pdt l ecole pr me reposer bouh bouh pa méchante maman
    Ms en même tps g 28 ans maman solo pas de pause coiffeur pas de pause déjeuner ou je prend un bain pas de moment seule sauf au travail ou il fait que je bosse dc pas de moment pour moi
    Je pleure dans les bras de ma grande qd j en peux plus je la supplie d être plus calme parce que je suis usée et elle comprend pdt 15 min ou elle me fait un câlin qui ressemble au pile rechargeable ( je suis la pile elle est le receptable qui charge) ttes mes envies je l ai négligé pr que tt se tourne vers elles parcequ elles St juste fabuleuses….. Et surtt elles n ont pas demande a être la
    Maman burn out je sais pas ms maman oui maman papa oui maman travailleuse oui maman ms femmes avt tout non j ai pzs trouve de créneaux horaires lol…..

  23. Je ne reconnais ni ma mère ni moi dans ce texte, mais je sais qu’il est vrai pour certaines.
    Je suis pourtant mère au foyer, mais ce n’est vraiment pas un sacrifice contrairement à ce que certains veulent me faire dire, et je suis loin d’être Bree Van de Kamp ! Je ne crois pas me mettre une pression pareille, peut-être parce que je n’ai jamais vu ma mère en faire autant. Car même si elle en faisait bien plus que mon père (en même temps, c’est pas difficile, hem hem), elle n’a jamais eu d’objectifs inatteignables, dans tous les domaines. Et je crois que c’était le secret de son équilibre.

  24. Freyja, c’est simple, tu fais comme au boulot, tu sors la fiche de pointage. Et ça sera vite fait de montrer que tu en fais plus, et que c’est même bien plus difficile, car toi, tu n’as pas de pauses, pas même de pause-caca.

  25. bribrille says:

    Ben vous en avez du courage. Depuis toute petite j’ai toujours su que je ne voulais pas d’enfants, ils ne m’intéressent pas vraiment. J’ai des neveux des filleuls avec qui je m’amuse bien, mais 24H sur 24 je deviendrais dingue. Du coup, à part la pression sociale entre 25 et 35, c’est facile pour moi… Parfois, je me dis qu’une grève de l’utérus sur une génération ferait trembler notre société. Courage, courage, courage, et surtout OUI, pensez à vous et lâchez tout ça de temps en temps.

  26. Lina says:

    Bravo pour cet article
    La culpabilité est un sentiment corrosif qui nous consume lentement mais sûrement. Mais j’aurais préféré que ma mère me mente ou qu’elle taise certaines vérités au lieu de nous rappeler trop souvent que faire des enfants était une erreur et c’est trop usant et fatigant et si c’était à refaire bla-bla-bla. Je savais que c’était difficile mais la maternité est cette chose extraordinaire qu’il faut vivre pour la comprendre réellement.
    Le plus gros des mensonges n’était il pas le “vous pouvez tout avoir”? Au lieu d’asséner les femmes avec ce genre de message n’aurait il pas été plus utile et productif de réformer le monde du travail? Reconnaissons que c’est un monde incompatible avec la vie de famille et pas seulement avec la vie des mères. L’évolution des mentalités aurait peut être suivie. Les femmes ont plutôt intégré l’idée qu’elles devaient tout réussir sans jamais se plaindre car elles ont la possibilité du choix! Il faut donc tout faire avec grâce tout en ressemblant aux mannequins des magazines soi-disant féminins.
    Par ailleurs, on oublie trop souvent qu’on est la première (peut être la deuxième) génération à se soucier autant du bien être émotionnel de nos enfants, de leur équilibre et de leur éveil. Et il faut l’admettre c’est la responsabilité la plus lourde car elle implique une disponibilité permanente du parent et une faculté d’écoute résistante à toute épreuve. Sans oublier le flot d’informations permanent sur la dangerosité de certaines substances, des ondes, de la qualité de l’air et de l’eau, de la sécurité routière, etc. Certes c’est instructif et utile mais c’est aussi oppressant car ça laisse entendre qu’on est capables de protéger de tout et tout le temps et ça c’est le pire des mensonges.

    • Sapristi says:

      Enfin un commentaire qu’il fait bon lire, quelqu’un qui a Les Pieds sur Terre ( cela me fait penser à l’émission de France Culture du même nom) je suis d’accord il faut voir plus large, c’est à dire, réformer le monde du travail, s’intéresser à la qualité de vie, à ce qu’on met dans notre assiette., à l’écologie en général: ne restons pas les bras ballants, réfléchissons et agissons, plutôt que de se laisser berner par toute sorte de discours et les média

  27. Gabrielle says:

    Ma mère ne m’a pas trop menti. Elle avait une tête de zombie chaque matin dans les restes de son somnifère et avant son café. On était toujours en retard. La cuisine était très sommaire. Et je ne pense pas que sa mère mentait non plus, à une époque ou c’était pourtant tout aussi mal vu d’avoir qu’un enfant et de dire que c’était bien assez.
    Mes attentes envers mon enfant était très basses, et résultat, j’ai été assez agréablement surprise. Bien sûr, ça aide d’avoir Monsieur qui se lève la nuit dès que sa fille chérie émet le moindre couinement (et de devoir parfois le retenir “non t’inquiètes, elle dort”), et qui prend le relais dès que je perd patience (voire pro-activement).
    Mais c’est aussi parce que je compte pas chaque reniflette comme une maladie, et quand on me demande, je répond “non, elle n’a pas été malade cette année”. Ça veut seulement dire: “non, elle n’a jamais eu 39 ou au-delà et ses -très nombreuses- chutes n’ont pas engagé son pronostic vital”.
    De même, j’ai tendance à dire qu’elle fait ses nuits. Bien entendu elle ne les fait pas toutes. Mes attentes étaient si basses en la matière (entre la période nouveau-né, le pipi au lit et les cauchemars, je comptais pas sur plus d’une nuit complète par semaine jusqu’a 7 ans!). Finalement le ratio nuit complete/ nuit pourrie par semaine est plutôt à l’inverse.

    J’ai pas l’impression de mentir, parce que c’est juste ma perception des choses, mais peut-être qu’au yeux des autres je suis une menteuse.

  28. Sapristi says:

    Merci pour ce billet savamment articulé.

    Pour cesser de mentir à nos filles , il faudrait peut être briser le tabou du sexisme qui prévaut dans notre société.
    http://blogs.mediapart.fr/blog/segolene-roy/260114/briser-le-tabou-du-privilege-pour-lutter-contre-le-racisme-et-le-sexisme
    Quand aux malheureuses femmes qui se sentent incomprises, je leur conseille la lecture d’un auteur, Lundy Bancroft, qui a suivi ces femmes victimes de manipulateurs incapables d’empathie . Son livre , en anglais, malheureusement pas traduit en français s’intitule “Why does he do that? Inside the minds of angry and controlling men” .Mieux vaut tard que jamais , ce livre pourra en sauver plus d’une .

  29. Merci pour ton billet qui dit si bien toutes ces choses qu’on ne dit pas. Mais comme d’autres avant moi l’ont dit, je peux aussi témoigner du fait que mes enfants auront vu une maman pas parfaite, qui déjeune avec eux mais ne termine pas les assiettes de ses enfants, qui crie, qui pleure, qui est complètement nulle parfois, qui oublie des tas de trucs, qui fait des blagues nulles, et surtout, qui leur dit souvent non parce qu’elle n’a pas la possibilité physique de répondre à toutes leurs demandes (nombreuses, ils sont quatre !). Ma mère non plus ne m’avait pas menti et d’ailleurs, elle a mis du temps à se remettre de toutes ces obligations de mère pou vivre une vie de grand-mère plus paisible.
    En revanche, je vois bien autour de moi des filles qui se mettent une méga pression de perfection dans laquelle elles s’épuisent.
    Les miens sont allés à l’école en botte en caoutchouc toute la semaine alors qu’il faisait beau et tout le monde était content, j’ai oublié de signer les évaluations et d’acheter le leggins de sport. Personne n’est mort.

  30. sophielaglaneuse says:

    Très bel article ! Merci ! J’ai rebloggé direct.
    Alors moi je suis aussi une burn-out mother, avec mon garçon de 2 ans et demi qui pose mille questions à la minute et ma fille de 7 mois qui se (me) réveille 6 fois par nuit. Et bien sûr je travaille ; mon boulot je le fais à la maison, car je suis indépendante (muséographe : j’écris des contenus d’expositions pour des musées) : pratique avec les enfants ?! Ben non, pas vraiment :-/
    Depuis combien de temps je n’ai pas eu une nuit de sommeil complète ? 7 mois 1/2. Depuis combien de temps je n’ai pas eu une semaine de nuits de sommeil complètes ? 2 ans et demi.
    Je suis épuisée. Effondrée physiquement et moralement. Et encore : mon mari s’occupe beaucoup des enfants, et un peu de la maison.
    Des solutions ? Pas vraiment : attendre que la petite fasse ses nuits, parce que ça ira mieux quand je pourrai dormir. Pour le reste : la maison est un fourbi innommable mais je m’en fous complètement ; les repas sont basiques, et on introduit de plus en plus de “trucs-tout-faits” (là je ne m’en fous pas, mais nous attendrons une période plus reposée pour rétablir un certain équilibre alimentaire) ; je laisse pousser mes poils et je m’en fous ; je ne me lave plus les cheveux (non, mais si un peu quand même ;-)). Bref, épuisée, mais pas de mensonges, c’est déjà ça ! (Et je reproduis en cela le schéma maternel… merci maman de ne pas avoir été une mère irréprochable, de m’avoir appris qu’une maison étincelante n’était pas le comble du bonheur, et de ne pas avoir hésité à soupirer devant nous quand vraiment trop c’était trop !!!).

  31. Ella says:

    Bien sûr que ce n’était pas “mieux avant”! Ce que je voulais dire, simplement, c’est qu’il y a toujours eu des êtres, partout et à toutes les époques, qui ont su remettre en question les modèles ambiants, les ignorer ou les contourner. Pourquoi tant de femmes s’imposent-elles à elles-mêmes d’être des “mères parfaites”? Pourquoi adhèrent-elles à la “doxa” de leur entourage? Quelle image veulent-elles donc absolument donner aux autres et à elles-mêmes pour se contraindre ainsi à paraître ce qu’elles ne sont pas? Partout et toujours, on a la liberté de se choisir, quoi qu’on dise, même si cela demande parfois – souvent – un certain courage. Notre plus grand oppresseur, c’est presque toujours nous-mêmes.

  32. Valerie wozny says:

    Quel article formidable j’en ai eu la larme à l’oeil. J’ai 4 enfants et j’ai arrêté de travailler à la venue des deux derniers (jumeaux) pour pouvoir “gérer” cette petite entreprise. Du coup les derniers n’ont jamais connu la garderie ou les nounous, pas de cantine non plus jusqu’au lycée et j’en suis très heureuse. la famille n’a jamais aidé. Pas de vacances entre amoureux avec les enfants chez mamie, quatre enfants c’est “trop”. Mais ce qui me revolte le plus c’est quand mes deux grandes de 16 et 18 ans doivent inscrire sur des documents officiels de l’éducation nationale la profession de ses parents. Il n’y a pas de case pour moi : “maman je coche quoi? C’est marqué : inactif ou n’est pas à la recherche d’un emploi ou non concerné” et la cadette de 16 ans répond : “c’est inactif je l’ai appris en cours de économie et gestion” j’étais éberluée. Finalement mon aînée a coché : non concerné. Voilà, je n’existe plus. Etre mère au foyer n’a jamais été péjoratif pour moi au contraire, un luxe et une passion. Autre chose mon mari qui lui a bac+ 5, soutient de famille et aussi qui s’occupe de ses enfants et de la maison (qui m’a toujours aidé depuis le changement des couches et se lever la nuit), milieu de la recherche archeologique, et n’évolue pas économiquement dans son travail, il s’est entendu dire qu’avec quatre enfants il ne pouvait pas s’investir à 100% dans son travail de recherche. Moi je ne le vois que le week end car il est en déplacements 80% du temps et même à la maison ou en congé il lui est souvent arrivé de travailler pour ses rapports ou autre en se levant à 5h du mat avant nous. C’est honteux et ça me fait vraiment mal au ventre de voir autant d’apriori qui peuvent detruire une personne. Nous sommes là pour le soutenir. Avoir des enfants c’est aussi ça malheureusement, être en marge du monde du travail.
    Merci encore pour cet article
    Valérie

    • Sapristi says:

      “Mère au foyer: un luxe et une passion” et ” être en marge du travail”: difficile de tout avoir dans notre société actuelle. Repenser la société en partageant le travail entre ceux qui désirent travailler et ceux qui travaillent de trop est un choix politique . Il est nécessaire de créer un équilibre entre travail, épanouissement personnel et vie de famille avec partage des tâches au sein du couple. Les familles monoparentales sont à plaindre car elles n’ont pas d’autre choix que de travailler à l’extérieur et d’assumer toutes les charges de famille.
      Le débat est intéressant et les nombreux commentaires sont la preuve que le sujet est sensible et inépuisable .
      En pratique, qu’est ce qui va changer dans les comportements des uns et des autres? Voilà la question que je me pose.

  33. roxy says:

    merci vraiment, , ici je suis maman solo, alors je ne mens pas, en fait c’est tout simple je n’en ai pas les moyens (ni physiques, ni financiers, ni rien…) je fais ce que j’estime devoir pour que mes enfants sachent se débrouiller et non selon les idées que la société nous impose. Pas de TV, on va au ciné, ça fait une sortie déjà) les jeux oui parce que j’adore ça mais c’est ce que j’appelle du tout utile le mille bornes pour additionner les dizaines et les centaines, le lynx pour la rapidité et la mémoire visuelle, et au memory le rêve des miens c’est de me battre mais ce n’est pas près d’arriver!))) mais je vois des parents qui détestent, c’est de famille je pense mes parents m’ayant appris à jouer, en premier à la belote, genre à 7 ans ben oui il fallait un 4ème)) sinon pas d’activité ils jouent avec les voisins, dans le jardin, le vélo le foot, les rollers, je pensent qu’ils sont heureux, par contre dès que possible on voyage!! et même plusieurs fois par an et là même si c’est parfois dur ils s’adaptent vous voulez voir le plus de choses possible alors type roots and trek … c’est un peu plus dur pour ma fille que pour mon fils)) moi j’ai souvent voyagé comme ça avec mes parents et j’en garde de magnifiques souvenirs, je crois qu’eux aussi (en tendant l’oreille quand ils se racontent au retour …. ahhhhhhhhh quand l’avis des autres prendra moins de place que le nôtre, on aura sans doute gagné sur notre culpabilité!

  34. Au début, je ne disais jamais “c’est dur” car je ne voulais pas que ma fille ait l’impression que je me plaignais d’elle, je ne voulais pas qu’elle se vive comme un poids dans notre vie. Maintenant que j’ai deux enfants, je dis que c’est dur, bien qu’être mère soit mon plus grand bonheur (l’un n’empêche pas l’autre), en précisant bien que je suis ravie de pouvoir travailler à temps partiel (le papa aussi) pour qu’on puisse nous-mêmes s’occuper des enfants, et que c’est bien le rythme social qui n’est pas compatible avec le fait de vouloir s’occuper soi-même des enfants. Ce n’est pas un problème de capacités/volonté des parents.

  35. malewe says:

    Merci! Que d’émotions en lisant votre article! Je suis passée du rire aux larmes et inversement.
    Je n’ai pas reconnu la mère mais je me suis reconnue, j’ai reconnu mon mari qui a fait de son mieux pour me soulager et qui continue de vouloir m’aider (m’aider….comme si tout cela m’était réservé, comme si c’était un service s’il me rendait…).
    Merci d’avoir mis des mots sur ce que je ressens tous les jours avec mes 3 enfants, mes 3 kermesses, mon travail, mon engagement associatif, ma maison à entretenir, les repas et ceux entre copains à préparer, mes réunions le soir….
    Merci!

  36. Pingback: April showers bring May flowersWhatever Works

  37. Et quand l’épuisement te happe. Quand l’énergie s’enfuit, quand le goût t’échappe, quand tu te lèves parce que tu le dois, quand tu sens à quel point ton visage n’est que façade. Quand pour te consoler tu te raccroches au dernier moment où tu t’es sentie vivre au côté de celui que tu aimes mais que tu as l’impression que c’est une goutte d’eau dans l’océan de ta fatigue.
    Quand tu sais que tu partages la vie d’un homme “féministe” qui assure et que tu n’a vécu qu’une grossesse joyeuse et que tu n’as qu’un enfant qui remplit tes jours et que pourtant tu te sens si vide, si laide, si épuisée.
    Comment l’accepter? Vous les femmes qui osez parler d’épuisement mais qui gèrent des fratries! Des carrières! Des compagnons avec des œillères sur ce que vous êtes capables d’accomplir! Vous aussi votre épuisement est légitime, parce que c’est une tribu que vous gérez sur vos épaules.
    Le mien d’épuisement, aux yeux de rien il n’est légitime, si ce n’est de mon corps qui me dit stop.

  38. Bruno says:

    Un grand merci pour cette description magnifique dont personne ne parle.

    Je voudrais confirmer qu’un PAPA qui occupe vraiment sa place de papa (c’est à dire qui vit aussi le travail “caché” d’inquiétudes, de prévision, d’ongles, de queue au judo, de disponibilité affective impromptue…) vit EXACTEMENT la même chose (et avec aussi le regard social méprisant de “papa poule” ) ET QUE CE N’EST PAS PLUS SIMPLE !

    Au plaisir de vous lire.

  39. Carro says:

    Whoua vous vous prenez grave la tête les meufs! Je ne nie pas qu’il y ait des moments difficiles mais mon conseil : soyez aussi des femmes, pas que des mères. Occupez vous de vous, vivez vos passions (et j’espère que vous en avez, en dehors de vos enfants….), arrêtez de vouloir être la mère au sourire bright qui attend son petit dans sa maison toute propre avec des muffins tous frais… On est en 2015, c’est fini tout ça! Affranchissez vous, de vos hommes, de vos enfants, il n’y a que vous qui vous mettez une telle pression… Et ça ne vous empêchera pas de les aimer a la folie… Mais il y a une autre voie!! Arrêtez les bouquins sur l’education, les blogs, les revues spécialisées, soyez juste instinctives… Sans ça la vie est une prison…

  40. Magali says:

    Je suis très émue.
    J’ai trois enfants, dont un ado, un ptit gars très actif, et une nénette qui pense être née dans un château rempli de serviteurs.
    Et puis j’ai un job, aussi, repris à mi temps par nécessité financière.
    Un homme, qui est absent de la maison 14 heures par jour, 6 jours par semaine.
    Une maison, et pas de femme de ménage.
    Un frigo, et personne d’autre que moi pour le remplir. Bon ok, un congélateur aussi, ça aide.
    Un lave linge, et personne d’autre que moi pour le remplir. Le vider. Étendre le linge. Le ramasser. Le plier. Le ranger.

    Il y a un mois et demi, je n’ai pas pu me lever pour aller au travail. Tension au plancher. Fin des hostilités, arret de trois semaines imposé par un docteur pas content (une femme). Vous êtes au bout de ce que vous pouviez supporter.
    Un burn out? Moi? Impossible. J’ai vérifié, j’ai ma cape, mon legging et la culotte par dessus. Le parfait costume de wonder Woman.

    Moi aussi on m’a menti.
    On m’a dit que la maternité c’était tout rose et tout doux. Personne ne m’a parlé des nuits hachées pendant des années, des exigences qui ne font que croître, de la casquette multiple que je dois endosser, du gros monospace 7 places pour transporter tout ce petit monde, copains compris, à la,piscine, au ciné, au college quand les bus font grève……
    C’est sur j’aurais pu dire non, ne pas être parent délégué à l’école et au collège, filer des médocs pour calmer le deuxième plutôt que de l’emmener au sport 6 fois par semaine, et chez la sophrologue tous les jeudi. J’aurais pu dire non aux sorties scolaires, à la gentille CPE qui me demande de lui donner un coup de main pour le club jeu de sociétés ….

    Ma mère nous a reproché de nous avoir sacrifié sa carrière. C’est sans doute vrai.
    Mais ma mère ne bossait pas à l’extérieur. Nous ne faisions aucune activité péri scolaire. Nous ne faisions pas de sortie culturelle. Nous ne recevions pas d’amis, et n’allions pas chez eux. Elle ne faisait pas les courses seule, les enfants courant dans les rayons.
    Ma mère ne conduisait pas. Signe de dépendance? Peut être…..pas si sûr….. Les féministes nous ont menti. Elles se sont battues pour leur indépendance, elles nous ont laissé un monde dans lequel on attend de nous d’être les égales des hommes (en résumé, de bosser a l’extérieur), et des hommes de rester des hommes. Nous devons aux féministes nos doubles journées. C’est pas cool mesdames, vraiment pas cool. Vos filles ne vous remercient pas.
    Si j’avais su…….

    • Mag says:

      “Nous devons aux féministes nos doubles journées.”
      Je suis tellement d’accord avec vous !!!!! Et c’est si difficile de le faire comprendre à l’entourage !

      • Magali says:

        Merci, vraiment…..
        Le plus souvent (dans 99,9999999% des cas a vrai dire…..), on me traite d’ingrate quand je donne mon avis sur les féministes d’antan…..

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